Matthieu Darrasse, artiste
Artiste peintre · Sur le motif · Performance
Chaque projet part d'une question simple. Et si l'on figeait le coucher de soleil comme au jeu du 1, 2, 3, soleil ? Et si les grands orateurs avaient peint en parlant ? Et si les passages piétons de Paris se mettaient à penser ? Et si un voilier devenait un atelier pour un an ? Une fois la question posée, chaque projet a sa règle du jeu : trois pastels côte à côte, les gestes d'un orateur rejoués sur la toile, une phrase par passage piéton, une œuvre par jour de mer. Et quand l'outil manque, je le fabrique.
Comme au jeu du 1, 2, 3, soleil, je fige le couchant. Trois fois, sur le motif, au pastel sec de La Maison du Pastel, pendant l'heure et demie qui mène au crépuscule nautique. Côte à côte, les trois panneaux disent ce qu'un seul ne peut pas montrer : il y a plusieurs couchers de soleil dans un coucher de soleil.
Entrer dans le jeu →Et si l'on mettait des pinceaux aux mains des grands orateurs pendant leurs discours ? J'apprends leur gestuelle par cœur, puis, comme un spectacle de pantomime, je mime leurs gestes face à la toile, muni des gants-pinceaux. Il en reste l'empreinte, et elle suffit à se faire une idée du discours sans connaître le nom de son auteur.
Voir les discours →Les feux piétons américains disent WALK ou DON'T WALK. À Paris, en 2003, les passages piétons disaient THINK, DON'T THINK. Chaque nuit, de grands pochoirs composés de lettres étaient déroulés sur les bandes blanches, puis les lettres bombées à la peinture : les passages piétons devenaient des lignes d'écriture, une phrase choisie pour chaque lieu. Filmés le lendemain, les passants s'arrêtaient et s'interrogeaient sur le sens. Publié dans Eye Magazine, la revue de référence du design graphique.
Voir les passages piétons →Au XIXe siècle, les peintres achevaient leur formation par le Grand Tour, un voyage à travers l'Europe jusqu'en Italie. Le mien se fera sur l'eau : un tour de l'Atlantique en solitaire, à bord d'un ketch transformé en atelier, pour peindre chaque jour sur le motif. Le plein air en pleine mer. Mon père rêvait de partir au long cours ; il a préféré garder la maison de son père, Ker Mab, la maison du fils en breton. Mon bateau s'appellera Bag Mab, le bateau du fils, et ce tour, je le ferai aussi pour lui, pour le rêve qu'il avait laissé à quai. Chaque toile appartient à un jour du voyage : bientôt, chacun pourra réserver le sien. Départ de Concarneau, en 2030.
Site en construction, 2026 Suivre l'aventure →Très jeune, j'avais déjà une pratique artistique, bien avant Penninghen. L'école, héritière de l'Académie Julian, m'a donné la rigueur du métier de créatif, que j'ai gardée comme directeur artistique. Bien plus tard, l'histoire de l'art à Paris 1 Panthéon-Sorbonne m'a apporté les références : non pour apprendre à peindre, mais pour connaître les peintres et les courants qui m'ont précédé, et ceux qui peignent aujourd'hui.
En parallèle, je suis galeriste, avec L'Admoniteur, et restaurateur de tableaux. Regarder des œuvres toute la journée, les expertiser, les restaurer, c'est une école du regard : on décrypte de très près la couleur et le geste de chaque peintre, et l'on finit par regarder ses propres toiles avec les mêmes yeux. Sans oublier le bonheur de me promener dans les salles du Louvre et d'y copier les maîtres.
Parlons-en : une œuvre, une commande, une exposition.