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Think Don't Think

Les feux piétons américains disent WALK ou DON'T WALK. En octobre 2003, Jean-Paul Bagnis et moi faisons dire aux passages piétons de Paris THINK, DON'T THINK. La ville devient le support : les bandes blanches deviennent des lignes d'écriture. Chaque nuit, entre deux et trois heures du matin, de grands pochoirs roulés sur le bitume y inscrivent une phrase choisie pour ce lieu précis, citation de Picasso, fragment poétique ou slogan décalé. Les micros-trottoirs filmés ensuite ont montré que le dispositif fonctionnait : les passants s'arrêtaient, lisaient, et répondaient. Un projet publié dans Eye Magazine, la revue internationale de référence du design graphique. Le projet s'est arrêté devant chez Dior, la nuit où il nous a menés au commissariat.

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Think Don't Think

Campagne guérilla

Micros-trottoirs

Le lendemain, caméra à la main, nous filmions les passants devant les passages de la nuit. Sans qu'on leur pose la moindre question, ils lisaient, s'arrêtaient, commentaient. Images d'époque, en petite définition.

« Le bavard », devant le Picasso « Tout ce qui peut être imaginé est réel ». Personne ne lui demande rien : il parle près de deux minutes, de digression en digression.
Toujours devant le Picasso. Un père et son fils : c'est l'enfant qui l'a vu le premier. Puis un passant qui rappelle, en riant, que Picasso était un grand peintre mais qu'il a bien pu dire des bêtises.
Devant « Gardez votre ville propre, mangez des pigeons ». La passante était persuadée que la Ville de Paris en était l'auteur.